La pauvreté entraîne une détérioration des conditions de vie : la qualité et la quantité de nourriture sont insuffisantes, les enfants ne vont pas à l'école et sont poussés à travailler pour apporter un revenu supplémentaire à la famille, les conditions d'hygiène se détériorent etc.… Et ces conditions sont aussi celles de la préservation de la santé.
Il n'y a donc pas de santé sans lutte contre la pauvreté. La microfinance, en ce qu'elle permet de lutter efficacement contre la pauvreté, est ainsi un outil intéressant de santé.
Réciproquement, la santé assure de meilleurs taux de remboursement des prêts (l'augmentation des dépenses pour les soins oblige souvent l'emprunteur malade à puiser dans le budget du remboursement), condition indispensable pour que les Banques des Pauvres puissent fonctionner efficacement.
En outre, en permettant aux ménages d'investir dans l'éducation de leurs enfants, la microfinance permet la diffusion de pratiques saines et une prévention des principales pathologies. Certaines Banques des Pauvres proposent même, conscientes de l'importance du sujet, des programmes de sensibilisation à l'hygiène. Une étude a ainsi montré que 53% des femmes bénéficiaires de prêts et de formation d'une banque des pauvres utilisent des contraceptifs contre 36% des femmes non bénéficiaires.
Le sida touche principalement les plus pauvres et la prévention y est essentielle.
Les Banques des pauvres peuvent jouer un rôle important dans la lutte contre cette maladie. En générant des rencontres régulières, des échanges d'information, des sessions de prévention, les Banques des Pauvres permettent de dépasser les tabous usuels, par des discussions au sein de la communauté.
Plusieurs institutions de microfinance en Afrique sub-saharienne proposent par exemple des programmes d'information et d'éducation sur le VIH/SIDA, dispensés par leur propre personnel, ou en coopération avec des organisations spécialisées. En général, les rencontres régulières de groupe (méthodologie de la microfinance) y sont propices.
A FOCCAS en Ouganda, des formations sur la nutrition et la santé (particulièrement sur le VIH/SIDA) sont incorporées aux rencontres hebdomadaires entre la Banque des Pauvres et les clients. Ce modèle a eu des impacts positifs sur les indicateurs de santé et de nutrition. En fait, la combinaison entre crédit et éducation a permis d'améliorer les revenus des femmes, donc la sécurité alimentaire du ménage ; parallèlement elle a également permis l'amélioration de la nutrition et des comportements vis à vis du virus. Le programme a montré l'importance de la co-existence de services financiers et éducatifs et le potentiel qu'elle représente dans la prévention de la transmission de la maladie.
Pour d'autres institutions, comme FINCA en Ouganda, les sessions de remboursement hebdomadaires des groupes permettent de faire venir des organisations médicales spécialisées dans la prévention contre le VIH/SIDA, dans la santé et l'éducation. La discussion au sein du groupe est un vecteur de succès des politiques de prévention des maladies et de promotion de la santé.